Writing Tools : un assistant de réécriture système qui délègue tout au LLM que vous choisissez
The world's smartest system-wide grammar assistant; a better version of the Apple Intelligence Writing Tools. Works on Windows, Linux, & macOS, with the free Gemini API, local LLMs, & more.
En bref
- De quoi s’agit-il ?
- Le projet theJayTea/WritingTools place une fenêtre de réécriture au-dessus de n'importe quelle application, sur Windows, Linux et macOS. Son intérêt tient moins à l'interface qu'au fait de pouvoir brancher l'API Gemini gratuite, un modèle local via Ollama ou un point d'accès compatible OpenAI. Reste à savoir ce que cette liberté impose.
- À qui s’adresse-t-il ?
- Writing Tools convient à qui veut corriger et résumer du texte dans n'importe quelle application sans abonnement, et accepte de configurer lui-même un fournisseur de modèle. Ce n'est pas l'outil à retenir si vous cherchez un correcteur déterministe et auditable phrase par phrase, ni si vous ne pouvez pas faire tourner un binaire non signé ou compiler du Swift.
- Puis-je l’utiliser commercialement ?
- Oui, sous conditions. GPL-3.0 est une licence copyleft : si vous distribuez un logiciel qui l’inclut, vous devez publier le code source de ce logiciel sous la même licence. Un usage interne, sans distribution, ne déclenche pas cette obligation.
- Est-il encore maintenu ?
- Oui. Les derniers commits datent d’il y a 28 jours.
- En quel langage est-il écrit ?
- Principalement Swift, d’après les statistiques de langage de GitHub.
Ces réponses reposent sur les données GitHub du projet (dernière synchronisation le 15 septembre 2026) et sur notre analyse. Elles ne constituent pas un avis juridique.
ANALYSE OPEN SOURCE APPROFONDIE
Ce que le projet remplace, et pour qui
Le point de départ est un manque sur Windows et Linux : les outils d'écriture d'Apple Intelligence n'existent pas hors de macOS récent, et le README revendique être le seul programme de ce type sur ces deux systèmes, ainsi que le seul moyen d'y accéder sur un Mac Intel ou depuis l'Union européenne. La cible est donc l'utilisateur qui veut corriger un paragraphe, le reformuler ou le résumer sans quitter l'application où il se trouve : client mail, traitement de texte, champ de commentaire d'un site. Le mécanisme d'entrée est un raccourci global, ctrl+space par défaut, qui agit sur le texte sélectionné. Le README insiste sur un point qui n'est pas cosmétique : le presse-papiers n'est pas détourné, ce qui évite d'écraser ce que l'utilisateur y avait mis. Le projet vise aussi bien la correction grammaticale que la traduction, le résumé de pages web ou de transcriptions YouTube, et même le traitement de code, puisque l'auteur cite l'exemple d'une instruction personnalisée du type ajouter des commentaires à ce code.
Le modèle est un paramètre, pas une dépendance
C'est la décision d'architecture la plus lourde de conséquences. Writing Tools ne s'appuie pas sur un moteur de règles linguistiques : il transmet le texte à un grand modèle de langage et remplace la sélection par la réponse. Le README énumère trois voies. L'API Gemini, présentée comme gratuite et comme la voie d'entrée rapide. Les modèles locaux, cités via Ollama avec des instructions dédiées à partir de la version 7, mais aussi llama.cpp, KoboldCPP, TabbyAPI et vLLM. Enfin les services cloud, ChatGPT et Mistral AI étant nommés, à travers une compatibilité avec l'API OpenAI. Cette compatibilité est le vrai point d'extension : tout serveur qui expose une interface compatible OpenAI devient utilisable, y compris une machine sur le réseau local. La contrepartie est nette. La qualité de la correction dépend entièrement du modèle choisi, et le projet ne fournit aucune couche de normalisation entre les fournisseurs. Changer de modèle, c'est changer de comportement de réécriture, sans garantie de stabilité d'un texte à l'autre.
Résumé, boutons personnalisés et fenêtre de conversation
Au-delà de la réécriture, deux fonctions structurent l'usage. La première est le résumé : on sélectionne le contenu d'une page ou la transcription d'une vidéo, puis on choisit Summary, Key Points ou Table. Le résultat s'affiche dans une fenêtre avec rendu Markdown, et le README indique que cette fenêtre permet de poser des questions sur le résumé. La seconde est la personnalisation : l'utilisateur peut définir ses propres boutons, ce que le README présente comme la voie vers un usage illimité. S'y ajoute un mode conversation, déclenché par ctrl+space sans sélection ; le README précise que l'historique est supprimé à la fermeture de la fenêtre. Ce dernier point mérite d'être lu littéralement : la suppression concerne l'historique local de la fenêtre, pas ce que le fournisseur distant a pu conserver de son côté. Avec un modèle local, la question ne se pose pas de la même façon ; avec Gemini ou un service cloud, elle se pose entièrement.
Installation : portable sous Windows, compilation sous macOS
Sous Windows, la procédure tient en deux étapes selon le README : télécharger l'archive Writing.Tools.zip depuis la page des releases, l'extraire, puis lancer Writing Tools.exe. L'application est portable, et le réglage de démarrage automatique se trouve dans les paramètres accessibles depuis l'icône de la zone de notification. Une contrainte est documentée explicitement : si l'archive est extraite dans un dossier protégé comme Program Files, il faut lancer le programme en administrateur au moins une fois, sinon il ne peut pas créer ses fichiers de configuration, qui résident dans le même dossier que l'exécutable. C'est un détail qui décide de la réussite de la première exécution. Sous macOS, le projet prend une autre forme : un portage natif en Swift, développé par un contributeur distinct, avec sa propre section dans le README et son propre rythme de publication. La version Linux est signalée comme en cours de développement. Le rythme des releases est irrégulier entre plateformes : la version macOS 6.1 apparaît dans deux publications successives, l'une accompagnant Windows v8, l'autre Windows v9.
La limite que le README n'aborde pas
Un correcteur grammatical classique applique des règles : on peut savoir pourquoi une virgule a été ajoutée, et deux passages sur le même texte donnent le même résultat. Ici, non. Le texte est envoyé à un modèle génératif qui le réécrit, et rien dans la documentation ne décrit de garde-fou sur la fidélité : pas de diff obligatoire avant remplacement, pas de seuil de similarité, pas de vérification que le sens d'origine a été préservé. Le README mentionne ctrl+z pour revenir en arrière, ce qui suppose que l'application sous-jacente gère correctement l'annulation. Dans un éditeur qui ne l'implémente pas, ou dans un champ de formulaire web, cette porte de sortie peut ne pas exister. Autre cas où l'outil n'est pas le bon : un texte à valeur contractuelle ou réglementaire, où une reformulation silencieuse introduit un risque qu'aucun test ne détecte. Enfin, faire tourner un modèle local pour éviter l'envoi de données suppose une machine capable de le faire, ce que le README ne chiffre nulle part.
Face à Grammarly, deux philosophies opposées
Le README oppose directement Writing Tools à Grammarly Premium : il décrit ce dernier comme reposant sur un traitement du langage par règles, incapable selon lui de rivaliser avec un LLM. La différence n'est pas une question de qualité brute mais de nature du diagnostic. Grammarly signale une faute et propose une correction ciblée, avec une explication ; Writing Tools renvoie un texte réécrit. Le premier est adapté à qui veut corriger sans perdre la main sur sa formulation ; le second à qui veut une version différente, plus courte, plus formelle ou traduite. Le même clivage existe face à l'outil d'Apple : le README affirme que celui-ci s'appuie sur un modèle de 3 milliards de paramètres, contre environ 30 milliards pour Gemini 2.0 Flash tel qu'il le cite. Ces chiffres proviennent du README et n'ont pas été vérifiés ici. Ils décrivent une intention de conception, pas une mesure d'efficacité sur un texte donné.
Licence, maintenance et coût réel
Le projet est publié sous GPL-3.0. Concrètement, si vous redistribuez une version modifiée du binaire, l'obligation de fournir les sources correspondantes s'applique. Un usage interne, sans redistribution, ne déclenche pas cette obligation. Ce paragraphe décrit la licence, il ne constitue pas un avis juridique : pour un déploiement en entreprise, la question se traite avec un responsable juridique. La maintenance, elle, repose sur un mainteneur principal, un étudiant lycéen de Bangalore comme il se présente, aidé de contributeurs, dont l'auteur du portage macOS. C'est une donnée à prendre en compte pour un déploiement à long terme : le projet n'est pas archivé et la dernière poussée sur la branche main est datée du 19 août 2026, mais la continuité dépend d'une équipe restreinte. Le coût d'exploitation, lui, se déplace vers le fournisseur : l'API Gemini est annoncée gratuite dans le README, sans que ses conditions d'usage ou ses quotas soient détaillés. Un modèle local supprime cette dépendance, au prix du matériel.
Conclusion éditoriale
Writing Tools convient à qui veut corriger et résumer du texte dans n'importe quelle application sans abonnement, et accepte de configurer lui-même un fournisseur de modèle. Ce n'est pas l'outil à retenir si vous cherchez un correcteur déterministe et auditable phrase par phrase, ni si vous ne pouvez pas faire tourner un binaire non signé ou compiler du Swift. Avant d'adopter, vérifiez deux choses concrètes : que votre modèle répond correctement en français sur vos propres textes, et que votre environnement accepte l'exécution d'un binaire portable non signé.
Notes de la communauté